Le Dojo mirecurtien est l' héritier d' une longue tradition.

La pratique du Judo est apparue à Mirecourt en 1953, à l' initiative des frères Guyot. Il s' agit donc de l' un des premiers “ foyers ” du Judo dans les Vosges qui s' est pérennisé grâce à l' engagement de présidents dévoués, notamment Bernard Markovic et René Fritz. Serge Nivet y est entré à l' âge de seize ans, en 1959, après avoir quitté le mouvement scout où il avait fait la connaissance d'un judoka, Jean-Pierre Munier. Le club est alors installé à l'Ecole Jeanne d' Arc et compte une dizaine de pratiquants, dont Jacky Houot, Robert Perrin et le Docteur Gaston Joss du Centre Hospitalier Spécialisé de Ravenel. Celui-ci obtient le transfert du dojo au Service Médico-Pédagogique de Ravenel. Le tatami, composé de rouleaux de jute recouverts d' une bâche, doit être monté et démonté avant et après chaque séance.

A partir du grade ce ceinture jaune, Serge commence à enseigner, aux côtés de Jean-Pierre Munier et sous la direction technique d'Henri Menessier. Les examens de grade ont alors lieu à Nancy. C' est l' une des raisons pour lesquelles le club a fait appel, au cours de sa longue histoire, à d' autres enseignants : Mrs. Santa Broggio, Blandin, Thomann, Rousseau, De Nadaï, Cotin (Jean-Charles), Thomas, Verrière.

La vie du club est également marquée par une série de déménagements qui, à chaque fois, ont mobilisé les adhérents pour des exercices très éloignés de la pratique du Judo : travaux d' excavation, de rénovation et d' aménagement. En effet, au SMP de Ravenel succède, faute de mieux, une cave voûtée, propriété du Garage Bourdin. Après les travaux d' excavation nécessaires pour creuser un accès à cette cave, le tatami sera constitué de sciure collectée chez les luthiers des alentours et recouverte d' une bâche. Comme à Epinal à l' époque de la rue des Minimes, pour entrer dans ce dojo “ blockhaus ” il faut emprunter une échelle métallique ! Il convient par ailleurs de ratisser régulièrement la sciure et de réparer les dégâts provoqués par les inondations successives. En dépit de ces multiples inconvénients, le club se développe et atteint en 1963, avec la création d' une section enfantine et d' une section féminine, le nombre de soixante trois licenciés.

Pour obtenir une salle plus adaptée, Serge prend rendez-vous avec le maire de Mirecourt et met en avant le dynamisme du club et sa participation à l' animation de la cité, notamment les défilés de chars et démonstrations diverses. Le maire, Monsieur Flambeau, lui accorde la salle dite du club, place du Monument, et consent un prêt pour l' achat d' un tatami. Cependant, cette salle ne constitue qu 'une solution provisoire. Quelques temps plus tard, le club s' engage dans une nouvelle aventure, en emménageant dans les locaux d' une ancienne chocolaterie. Avant de pratiquer sereinement dans ces nouveaux murs, il faut mettre en place un faux plafond, des protections murales et un vestiaire ; de son côté, la ville de Mirecourt installe le chauffage. A juste titre, cette salle sera baptisée par la suite “ salle Serge Nivet ”.

En 1965 Bernard Thomas, aujourd'hui 6ème dan, fait ses débuts dans cette salle. Six années plus tard, Bernard devient la première ceinture noire du club, en même temps que Serge  ; celui-ci, en effet, s' est investi bénévolement et sans réserve pour son club, au point de se contenter pendant onze années du grade de ceinture marron ! Quant à Bernard Thomas, il obtiendra le diplôme de professeur de Judo et présidera pendant une olympiade le Comité des Vosges de Judo.

Bernard Thomas, originaire de Domvallier, devait se rendre à Mirecourt à bicyclette. Sans doute cette expérience la-t-elle sensibilisé au problème du développement du Judo en milieu rural ; c' est en tout cas l' un des points forts de son programme, en qualité de Président du Comité des Vosges, au cours de l' olympiade 1980-1984. Le mandat de Bernard comportait deux autres volets, le Judo des handicapés et le Judo féminin. En effet, en qualité de délégué régional pour le Judo des handicapés, Bernard s' est attaché à organiser des rencontres inter-établissements qui ont réuni jusqu'à cent cinquante participants à Epinal. Dans le domaine du Judo féminin, Bernard a donné tous pouvoirs à une déléguée très dévouée en la personne de Nicole Chagué. Pascale PIERROT-CRACCO a succédé à Nicole à ce poste avant de devenir Présidente du Comité des Vosges.

Bernard et Serge ont montré l' exemple en compétition, obtenant respectivement les titres de meilleur “ marqueur ” et de troisième marqueur lors des Coupes de l' Est. Ce bel exemple sera effectivement suivi, voire dépassé ! C' est ainsi que Gérard Schwartz, Claude Parmelin et Patrick Galauziaux ont été sélectionnés par deux fois pour le Championnat de France ; Gérard Schwartz, champion inter régional, ayant obtenu une place de septième en catégorie junior.

Le tandem Serge-Bernard est également à l' origine, aux côtés de Gilou Salvini, de la création du Dojo Vosgien en 1975. Le club de Mirecourt apportera aux rangs du Dojo vosgien de solides combattants, tels Bruno et Bernard Panizoli,
Jean-Claude Goller, Thierry Oudart, Edouard Rippoll et, parmi les féminines, une figure montante du Judo, Pascale CRACCO, aujourd'hui 6ème dan et Vice-Présidente du Dojo mirecurtien, après avoir, pendant 5 olympiades, présidé le Comité des Vosges de Judo.

En 1972, Serge organise un voyage en Italie du Sud, pour une rencontre amicale avec le club de Spoleto. Ce voyage épique réunit quarante participants pour un long périple en train émaillé de nombreuses aventures, grève des chemins de fer italiens, absence de correspondance à Mulhouse et noria de voitures individuelles pour le “ rapatriement ” à Mirecourt ... Sur ce sujet, Serge est intarissable ! “ J' en écrirais un roman ! ”, dit-il. Ce roman comporte un chapitre sentimental que Serge ne saurait écrire. C' est alors, en effet, que Pascale CRACCO et Hubert PIERROT, ont fait connaissance. Pascale et Hubert PIERROT-CRACCO sont aujourd'hui, respectivement, Vice-Présidente et Président du Dojo mirecurtien. Leur fils Lambert est membre du club, responsable des activités conviviales.

Le voyage à Spoleto illustre bien, également, la vitalité du club, vitalité qui se manifeste dans l' organisation des Coupes de Mirecourt, rencontres majeures rassemblant de nombreux clubs dont Vittel, Contrexéville et Epinal, d' entraînements de masse avec le CTR Michel Avignon, de bals, repas et démonstrations, notamment lors de la foire de Poussay et par de nombreux déplacements en Lorraine.

Par ailleurs, Serge a ouvert des clubs de Judo à Gironcourt sur Vraine et Vicherey, favorisé l' implantation à Mirecourt de deux autres arts martiaux, le Karaté et l'Aïkido et le développement du Judo pour les handicapés animé par Bernard Thomas.

Si son parcours professionnel l'a conduit à s'éloigner de Mirecourt, Serge ne s'est jamais vraiment détaché de ce club et encore moins du Judo. Il était bien sur présent lors de l' inauguration de la salle Jean-Luc Rougé et du gala de haute tenue organisé à cette occasion.

En 1977, le Judo club de Mirecourt compte cent dix licenciés et recherche un enseignant. Le 17 mars, Bernard VERRIERE, Ceinture noire 3ème Dan, professeur diplômé d'Etat et arbitre départemental, prend ses fonctions d' entraîneur à Mirecourt.

Au fil des années, le club a perdu ses anciens sociétaires et s' est consacré à une population de jeunes pratiquants. Sous l' impulsion de Jean-Luc MOREL, une section Ju-Jitsu s' est développée. Foyer du Judo dans les Vosges, Mirecourt est alors devenu l' un des premiers foyers du Ju-Jitsu dans ce département, avec, autour de Jean-Luc MOREL, des pratiquants qui n' ont cessé depuis de donner au Ju-Jitsu mirecurtien ses lettres de noblesse : Fabienne THIEBAUT, qui a été en son temps la plus jeune ceinture noire de France, Yannick et Jacques MARCELIN, Raphaël EFFERTZ.

A partir de ce premier noyau, le Dojo mirecurtien a été créé en 1992, avec la spécificité de s' adresser à un public adulte, élargi par la suite aux adolescents, et d' enseigner à la fois le Judo et le Ju-Jitsu.